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15.04.2008
Oyé – oyé, bonnes gens !
Que se passe-t-il en politique ?
Et oui, la Polynésie Française vient de changer de président. En février on vous parlait d’un vote (compliqué ! et controversé !) qui donnait Gaston Flosse (papi Flosse) président du territoire de la Polynésie Française.
La semaine dernière Gaston Tong Sang (To Tatou Ai’a – rouge – indépendantiste) a déposé une motion de défiance. Qui a été votée ce matin même à la majorité de l’Assemblée de Polynésie. La motion de défiance critiquait le gouvernement actuel de ne pas être représentatif (il n’avait pas la majorité des urnes des citoyens), et de ne pas avoir de programme (Flosse avait été élu suite à une alliance avec le parti UPLD, mais n’avait présenté aucun programme). Et cette motion proposait directement Gaston Tong Sang à la présidence.
Bonne nouvelle ? Mauvaise nouvelle ?
Quoiqu’il en soit, ça ne permet pas une stabilité politique, ni économique, sociale,… et j’en passe…
Pour info, c’est la 8e motion de censure / défiance (elle a évoluée dans le temps) déposée en 4 ans !! Vous comprendrez ainsi pourquoi le Territoire n’a pas pu entreprendre de grands projets (l’hôpital sur lequel je travaille date d’avant, mais depuis : pas grand-chose !).
Je vous incite donc à vous renseigner un peu plus sur le sujet : la politique à la polynésienne, c’est un vrai roman… ! (voir le site de tahiti presse : http://www.tahitipresse.pf/index.cfm?snav=see&presse=23737 )
"Douce France, cher pays de mon enfance !..."
04.04.2008
Les Marquises en deux mots (ET VIDEOS !!!)
Ah… les vacances aux Marquises, c’était il y a longtemps déjà ( !), mais on se doit bien de vous raconter, car ce voyage nous a vraiment beaucoup plu !
Nous avons commencé notre séjour avec 4 jours à HIVA OA, dans les Marquises du Sud. Arrivée le jour du deuxième tour des municipales. La famille qui tient la pension (Féli, Gaby et Gaby junior) nous a descendus au village. Une fois de plus, un jour d’élection : c’est la fête. Tout le monde vient manger devant la mairie. Nous partageons le repas avec nos hôtes. L’occasion de découvrir certains aspects, propres aux Marquises. La langue est totalement différente du Polynésien. Il existe une académie de la langue marquisienne, d’ailleurs !
Féli et Gaby sont bien embêtés, car un dimanche d’élections, tout sera fermé. Aussi Gaby junior (7 ans) nous propose de nous emmener à la cascade à pied. On a fait une grande rando. On s’est un peu perdu. On a trouvé une pierre avec des pétroglyphes. Ce sont ces dessins (on ne connaît pas vraiment leur époque… c’est « fort fort lointain »). Là ils représentaient des hommes grenouilles qui semblaient nager. Ca m’impressionne, ces pétroglyphes. La légende dit que ce sont les anciens / les divinités qui les ont dessinés simplement avec le bout du doigt.
L’aventure continue ensuite pour trouver la cascade, dans une petite forêt tropicale, avec pour seul repère des tas de pierre que Gaby et son fils ont empilés il y a quelques temps (un peu sport !). Arrivés à la cascade, nous sommes un peu pris par les moustiques… mais émerveillés par la muraille minérale et végétale, qui se dresse en face de nous. C’est comme si on était dans le fond d’un trou, presque ! Le retours a été un peu long, et Gaby junior s’impatientait un peu (4 heures de marche, tout de même, pour son âge… !).
Le soir, nous avons sympathisé avec un autre touriste de la pension : Marc, qui est américain. Nous étions ravis de nous remettre à la langue de Shakespeare… et avons passé quelques temps avec lui les jours qui ont suivi.
Lendemain, départ avec Frida pour un tour en 4 x 4 de l’île. Direction Puamau et le fameux plus grand tiki de Polynésie (2.40 m … 2.62 m… selon les sources…). Nous partons pour 3 heures de trajet (aller seul) sur une piste… où on était content de ne pas avoir à conduire ! Des paysages à couper le souffle. Et qui nous rappellent d’autres paysages familiers. Nez de Jobourg, côte Ouest de la Corse , Irlande,… Les paysages changent très vite. En particulier la végétation : très sec (tout brûlé) ou généreux avec tous les arbres possibles. L’absence de lagon apporte un côté très sauvage, et « tourmenté » à la cote. On se prend de bonnes bourrasques de vent (ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps ici !). Puamau est un village situé à 3 heures de « la ville » (Atuona). Il y a une école jusque 10 ans environ. Après ils sont pensionnaires à l’autre bout de l’île (Atuona), jusqu’au collège. Le lycée se passe à Nuku Hiva (Marquises Nord, à 30 minutes de vol). Et les études supérieures à Tahiti. Le site avec les 5 Tikis (dont le plus grand de toute la Polynésie !) est très joli. On se rend compte que les explications sont multiples, en particulier sur l’origine du peuple marquisien (incas ? chinois ?... on parle même d’extra-terrestres dans certains livres !). Avis aux historiens qui voudraient se concentrer sur le sujet !
Nous déjeunons de frites de Uru (l’arbre à pain) et de chèvre sauvage. Typique des Marquises. L’occasion de discuter aussi avec le cuisinier (que vous voyez sur les photos, de profil, avec un beau tatouage sur l’épaule !). Un ancien marin de Tahiti, venu retrouver ses sources et sa famille dans ce petit village.
Le 4 x 4 nous mène ensuite dans un autre village, au nord de l’île. Il n’y a qu’une route, qui mène à une superbe baie. Cette route est bordée d’arbres fruitiers (hm… les pamplemousses font envie !) et de fleurs. La générosité de la nature de l’île, mélangée au « travail des hommes » (ils ont planté une fois, maintenant ils n’ont plus qu’à récolté, toute l’année !).
Le jour suivant, je m’essaie pour une grande première sur un cheval (Davy en a déjà fait auparavant). Nous partons tous les trois (Davy, moi, et Paco, notre cow boy de guide) avec les 3 chiens et la pouliche de 9 mois qui venait titiller la jument de Davy pour tirer du lait (et donnait des coups de sabots à mon cheval, pourtant si gentil !). Superbe ballade (sauf que je n’aime pas trop les descentes abruptes, où il faut se pencher en arrière, et je ne gère pas toujours le départ au galop !).
L’après midi, nous profitons enfin du village pour faire du shopping (dans le seul fare d’artisanat que l’on a trouvé), et surtout se rendre au musée Gauguin et à l’espace Brel. Les deux hommes ont quelques points communs. Ils sont venus finir leur vie sur cette île. Ils aimaient les femmes. Ils étaient des artistes « différents » et « impliqués ».
Par contre, Gauguin est venu chercher de l’inspiration dans les Marquises (c’est quoi cette phrase sur les parfums de Tahiti et des Marquises ?). Et il était anti-conformiste, pas toujours bien vu par les habitants. Brel, lui, s’est arrêté, au milieu de son tour du monde en bateau. Séduit par cette île, où il n’était personne. Il s’est complètement consacré aux habitants. Amenant pour la première fois le CINEMA. Il utilisait son petit avion pour évacuer les personnes malades de l’île (en les emmenant sur Nuku Hiva pour se faire soigner)…
Notre dernier jour a pu être consacré à la mer. Nous sommes partis en bateau sur l’île d’en face : TAHUATA. La mer déchaînée nous mène à un petit village de 100 personnes (coupé du monde !). Promenade sur la voie royale, la première église implantée par les missionnaires catholiques, le marae. Nous sommes accueillis, pendant la récréation, par l’institutrice de l’école et son assistante maternelle (une quinzaine d’enfants de 3 à 6 ans). Puis 6-7 artisans nous attendaient. Ils ont sorti toutes leurs créations pour nous trois, touristes de la semaine ! L’un nous montre les travaux sur lequel il travaille en ce moment (il grave une gencive de porc, ou quelque chose comme ça… un travail impressionnant, méticuleux,…). Après cette page « culturelle » de la journée, nous partons plonger. Rencontre avec LA RAIE MANTA (à 1 mètre de nous !). Un bébé : elle ne faisait que 2.50 m d’envergure (pour 5 mètres pour un adulte !). La plongée, dans des fonds très poissonneux, nous plait beaucoup.
Vidéo de la raie manta :
Déjeuner sur une plage de rêve, dont Davy se souviendra pour ses NONOS ! (on ne les voit pas piquer, Davy s’en est rendu compte le lendemain matin… couvert de boutons !!!!!!).
La plage paradisiaque en vidéo (petit hommage à Brel au passage)... mais on les voit pas les nonos !!! :
Une fois n’est pas coutume, nous allons vous décrire notre « transfert » d’île. Dans un coucou de 19 places (un « twin »). Avant de rentrer dans l’avion, un gars nous dit « attendez, on va faire la démonstration des consignes de sécurité » (on a appris après que c’était parce qu’il y avait 6 touristes, sinon ils ne le font pas !). Démo, donc, avant d’entrer dans l’avion… car il n’y a pas la place pour le steward dans l’avion de se tenir debout. D’ailleurs il n’y a pas de steward du tout, mais uniquement le pilote et son co-pilote (ils sont deux, comme ça ils peuvent se raconter des blagues pendant le vol : en effet, la cabine est ouverte sur les sièges passagers, et on voit tout ce qu’il s’y passe, tous les boutons, etc…). Et pour la petite anecdote, la démonstration des consignes de sécurité s’est déroulée de la sorte : « alors le gilet de sauvetage, on l’enfile comme ceci. On tire sur les poignées pour le gonfler… Et si ça ne marche pas ( !), vous soufflez dans ce siffler… enfin si il vous reste du souffle ( !!) ». Avec le petit rire discret du polynésien… Hi,hi !
Nuku Hiva, donc, pour deux jours pleins. Un premier jour où nous partons à pied jusqu’à la baie voisine (la « baie Colette » ! Petit clin d’œil à son homonyme !). Petite rando douloureuse à cause du soleil de plomb ! Par contre petite baie avec super plage. Grande protection contre d’éventuels nonos (on ne se fera pas avoir deux fois !). Nous sommes seuls sur cette terre sauvage… jusqu’au moment où un 4 x 4 – musique à fond avec 2 couples et un bébé vient s’installer à côté de nous. La musique étant dans ce que l’on aime, ce n’était pas si désagréable. Sur le retours, nous visitons un mini-musée (environ 7 ou 8 m²) de l’île. Pittoresque ! Le soir, nous profitons du chemin de croix du Vendredi Saint pour suivre les marquisiens jusqu’à la Cathédrale. Là , il n’y a pas assez de place pour tout le monde, et une partie des personnes ont suivi la messe depuis l’esplanade dehors (ce qui permet aux enfants de jouer et aux parents de plus discuter que de suivre pieusement la cérémonie !).
Pour notre dernier jour aux Marquises, Davy découvre un remède miracle contre les piqures de nonos : l’huile de Monoï au Tamanu, mais façon maison (celle qu’on a acheté à Carrefour n’était pas assez artisanale). Et nous partons faire un tour en bateau. Les paysages sont fortement découpés. Arrivés dans un petit village où
seules 2-3 maisons étaient habitées (les autres servent de maison secondaire)… Petit coin paradisiaque, coupé de tout. Ah si ! il y a tout de même une ligne téléphonique qui alimente une cabine publique ! et une chapelle. Quelques maisons ont des panneaux solaires. Sur le chemin du retours, nous passons devant la prison des Marquises (chaque archipel semble avoir sa propre prison). Ici il y a une dizaine de personnes. C’est certainement le bâtiment le plus ancien de l’île. Les prisonniers jouent à la pétanque sur l’herbe, devant.
Nous repartons avec quelques articles d’artisanat, et des colliers de graines, qui sont typiques de cet archipel (c’est notre cadeau de départ de la pension). De retours à Papeete, on m’a fait passé un pot entier de graines à monter en collier (je n’ai pas encore essayé ! mais il y a du boulot !).
Les Marquises ? Une générosité, une authenticité, une histoire, une culture…
A bientôt pour les prochaines aventures !


